Moi, la Louve de Goyet, j’ai Offert un Cadeau.
Je suis la louve de Goyet, il y a 36 000 hivers. Sous les étoiles glacées, ma meute chasse le cerf, nos crocs plus forts que les lances humaines. Eux, les deux-pattes, sont faibles, brisant des os pour survivre. Ils ne nous effraient pas. Nous, loups, régnons sur la steppe.
Mon corps change. Sans louveteaux, une chaleur m’envahit, comme si je portais la vie. Mes instincts crient : protéger, nourrir. Je vois une jeune deux-pattes, maigre, tremblante près de notre carcasse. Elle n’est pas menace, mais louveteau perdu. Je régurgite un morceau de cerf, un cadeau. Elle me regarde, ses yeux brillent. Pas de peur, pas de chasse. Un lien naît.
Ma meute tolère les deux-pattes. Ils suivent nos traces, leurs lances abattent ce que nous rabattons. Ensemble, nous prospérons. Mes descendants, plus doux, resteront près de leurs feux, devenant « chiens ». Les deux-pattes changeront aussi, apprenant notre chasse, leurs esprits s’aiguisant comme nos crocs...
Les anciens chantent encore mon histoire : Romulus nourri par ma sœur romaine, ou le chasseur shoshone guidé par mon frère. Nous, louves, avons tendu la patte. Par empathie, nous avons « lycanisé » les deux-pattes, leur offrant notre force. Mais je me demande : ont-ils compris notre cadeau ?
Et vous, entendez-vous l’appel de la louve ?
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